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LES ENTREPRISES OCCIDENTALES FACE AUX NOUVEAUX INVESTISSEURS CHINOIS : QUELLE RELATION, QUELLE APPROCHE, QUELLE STRATÉGIE ?

March 14, 2012


LES ENTREPRISES OCCIDENTALES FACE AUX NOUVEAUX INVESTISSEURS CHINOIS : QUELLE RELATION, QUELLE APPROCHE, QUELLE STRATÉGIE ?

Le réseau international d’agences de communication financière AMO publie une enquête sur les intentions et la stratégie de relations investisseurs des entreprises cotées en bourse vis à vis des investisseurs institutionnels chinois.

L’étude révèle de fortes disparités entre les français et autres européens enthousiastes, en recherche active de capitaux chinois et les anglo-saxons, plus réservés devant le manque de transparence et la taille modeste des investissements chinois.

Avec la montée en puissance économique de la Chine, les relations entre les sociétés occidentales et les investisseurs institutionnels chinois se structurent à grande vitesse. Comment les sociétés cotées en Europe, l'Amérique du Nord et en Amérique Latine se positionnent-elles vis-à-vis de la nouvelle classe émergente des investisseurs institutionnels chinois ?

Les entreprises d’Europe occidentale redoublent d'efforts pour attirer les capitaux des investisseurs chinois, tandis que les entreprises cotées au Royaume-Uni et aux États-Unis se montrent profondément sceptiques sur l’utilité des démarches à mener pour attirer ces mêmes fonds chinois dans leur capital.

C’est le premier enseignement de l'enquête réalisée par le réseau international AMO et ses agences de communication financière implantées sur les principales places boursières parmi lesquelles Euro RSCG C&O en France. Les responsables des relations investisseurs de 71 grandes sociétés cotées de 12 pays occidentaux en Europe, Amérique du Nord et Amérique du Sudont été interrogés en novembre et décembre dernier dans le cadre de cette enquête.60% des professionnels interrogés en Allemagne et en France ciblent déjà activement les investisseurs institutionnels chinois, alors qu’ils ne sont plus que 11% au Royaume-Uni et inexistants aux Etats-Unis.

« L'enquête AMO montre une grande disparité de points de vue, par pays et par secteur, quant à la nécessité et la manière d’approcher cette nouvelle famille d’investisseurs. Les investissements chinois, soumis à autorisation gouvernementale, représentent encore des participations négligeables dans le capital des entreprises occidentales. Mais on assiste au début d'un long processus d'apprentissage entre entreprises occidentales et investisseurs institutionnels chinois,»précise Charles Fleming, Partner d’Euro RSCG C&O, agence leader de la communication financière en France.

Si les entreprises européennes sont très actives pour attirer à elles les investisseurs chinois, l’étude - qui met en évidence l’importance grandissante de ces nouveaux capitaux pour les entreprises cotées en Bourse – révèle toutefois des comportements disparates selon le pays d’origine, le secteur et la taille.

§ Les entreprises européennes redoublent d’efforts pour attirer les investisseurs chinois. La plupart des entreprises européennes en particulier françaises, allemandes et espagnoles sont très actives vis-à-vis des investisseurs chinois avec la mise en place de programmes spécifiques, à l’instar d’un grand groupe industriel allemand qui prévoit d’ouvrir un bureau de relations investisseurs en Chine. Ainsi 67% des entreprises françaises et allemandes, 50 % des entreprises espagnoles, et 33% des entreprises italiennes déclarent cibler activement les investisseurs chinois. 83% des entreprises françaises et espagnoles disent les avoir par ailleurs déjà rencontrés comme 57% des entreprises allemandes, 56% des entreprises suisses et 100% des entreprises néerlandaises.

§ Les entreprises britanniques, pragmatiques, se montrent ouvertes vis à vis des investisseurs chinois qu’elles acceptent de rencontrer (56% d’entre elles déclarent l’avoir fait). Néanmoins, elles restent concentrées sur leur marché domestique et les Etats-Unis et ne sont pas convaincues de l’efficacité des efforts à consentir pour attirer les investissements chinois. Seules 11% déclarent les cibler activement.

§ Les Américains restent profondément sceptiques. La distance, le manque de transparence et la taille relativement modeste des investissements à l'étranger sont les principales raisons invoquées. Aucune d’entreprise américaine ne déclare vouloir cibler activement les investisseurs chinois. Elles sont 14% seulement à les avoir déjà rencontrés.

§ Les entreprises latino-américaines recherchent, quant à elles, à développer et signer de joint-ventures stratégiques plutôt que d’attirer des investisseurs institutionnels chinois. Une exception : les entreprises mexicaines, qui déclarent préférer se concentrer sur les relations avec les investisseurs de leur marché domestique et le marché latino-américain. Les entreprises du Brésil ne cherchent aucunement à attirer les investisseurs chinois bien qu’elles soient 75% à les avoir quand même rencontrés.

§ Les entreprises dotées des plus larges capitalisations seront celles qui seront les plus actives au cours des trois prochaines années. Si la plupart des entreprises interrogées reconnaissent ne pas avoir encore défini de stratégie précise pour entrer en contact avec les investisseurs chinois dans les 12 prochains mois ou les 3 années à venir, on remarque que les grandes capitalisations (supérieures à 7 mds €) demeurent plus ouvertes que les plus petites quant à l’organisation de telles rencontres.

§ Ce sont les entreprises du secteur de l’industrie (50% des entreprises interrogées), de l’énergie (46%), de l’assurance (40%), des mines (33%), et de l’Industrie (50)% qui se montrent les plus proactives vis à vis des investisseurs chinois et qui sont les plus susceptibles d'avoir mis en place des programmes spécifiques en direction des fonds institutionnels chinois.

§ Certains marchés européens ont déjà attiré de façon significative les investissements chinois dans leur capital. C’est le cas de l’Allemagne (56%), et de la France (67%), particulièrement enthousiastes et proactifs. Le Royaume-Uni (63%) et la Suisse (56%) se montrent plus attentistes sans que l’on puisse en tirer un enseignement particulier. Les États-Unis, le Mexique et les autres pays européens dont l'Italie, les Pays-Bas, la Scandinavie et l’Espagne n’ont attiré de leur coté qu’un faible nombre d’actionnaires chinois.

§ Toutefois, les investisseurs institutionnels chinois ont réparti leurs ressources sur un large éventail de secteurs d’activité. La santé et les banques, le commerce de détail et les services, bien que généralement moins proactifs, se sont déclarés susceptibles d'attirer eux aussi les investissements chinois à l’instar des secteurs minier, de l'industrie lourde et de l'énergie.

§ La communauté des spécialistes de relations investisseurs apprécie le travail des banquiers et des courtiers qu’ils jugent être des intermédiaires légitimes. Comme les investisseurs institutionnels de n'importe quelle autre partie du monde, les fonds chinois, qui ont pris des positions dans les pays occidentaux ces dernières années, ont souvent travaillé discrètement pour acquérir leurs participations. Nombre de spécialistes des relations investisseurs dans presque tous les pays étudiés ont reconnu avoir recours à des intermédiaires lorsqu’ils détiennent une expertise locale en Chine.

§ Les investisseurs chinois sont perçus comme passifs, peu impliqués et peu exigeants. La plupart des spécialistes des relations investisseurs interrogés qualifient les investisseurs chinois comme relativement conservateurs dans leur approche des risques, plutôt passifs, peu exigeants et révélant difficilement leur stratégie/motivation.

§ Les opinions divergent sur la transparence des fonds chinois. Toutefois, les spécialistes des relations investisseurs américains et britanniques sont unanimes. Pour eux, les fonds chinois manquent de transparence, facteur jugé déterminant dans leur refus de s'engager avec les investisseurs chinois. Ils rejettent l’idée selon laquelle les décisions d'investissement chinois sont guidées par des considérations politiques.

§ La présence d’investisseurs institutionnels chinois dans le capital des entreprises n’a pas d’impact réel sur leurs activités en Chine. À l'exception des entreprises françaises (83%), les spécialistes interrogés sont peu nombreux (20% en Espagne, 29% en suisse, 33% au UK, 40% en Allemagne) à considérer que la constitution d’une base d'actionnaires chinois aurait un impact sur leur activité dans la région. Une grande partie des interviewés a déclaré que les actionnaires chinois semblaient plus attirés par des entreprises ayant une histoire locale forte quand d’autres entreprises soulignent qu'elles exercent en Chine depuis des décennies sans avoir eu à construire une base d'actionnaires locaux .

Rappel de contexte

L’histoire des relations financières entre l’Empire du Milieu et les économies occidentales sont limitées aujourd’hui du fait des contrôles étatiques encadrant le niveau des investissements chinois sur les marchés financiers étrangers. Toutefois, le gouvernement chinois ne cesse d’assouplir ces restrictions en direction des fonds souverains et fonds d’investissements de la «Qualified Domestic Institutional Investor" (QDII) en quête de partenariats mais aussi d’augmenter progressivement le quota à allouer aux investissements étrangers. Malgré la faible performance des marchés financiers internationaux et la lente mais constante appréciation du renminbi, le nombre de fonds internationaux qui font appel aux investisseurs chinois augmente. Ces fonds transitent de moins en moins par Hong Kong, qui captait jusqu’à présent la majeure partie des flux financiers ; une tendance qui devrait se poursuivre tant que l'appétit des investisseurs chinois pour les actifs étrangers augmente à mesure que l’économie domestique ralentit et que les investisseurs chinois fortunés se tournent vers les marchés étrangers.

Méthodologie menée par AMO

AMO, réseau leader mondial d’agences conseil en communication stratégique et financière, est présent sur les principales places financières mondiales : Abernathy MacGregor aux États-Unis • Ad Hoc en Italie • Hirzel.Neef.Schmid.Counselors (avec bluechip financial communication) en Suisse • Euro RSCG C&O en France • Hering Schuppener en Allemagne • Llorente & Cuenca, en Espagne et en Amérique Latine • Maitland au Royaume-Uni • Porda Havas en Chine et à Hong Kong • SPJ aux Pays-Bas • Springtime en Suède et en Finlande.

Les agences du réseau AMO ont mené une série d’entretiens, réalisée en novembre et décembre dernier, par téléphone ou en face-à-face, avec les responsables des relations investisseurs de 71 grandes sociétés cotées, de tous secteurs d'activités, implantées dans 12 pays occidentaux (France, Allemagne, Italie, Espagne, Pays-Bas, Scandinavie, Suisse, UK, USA, Brésil, Mexique).

Le questionnaire était organisé en 10 points :

- 1. Ciblez-vous les investisseurs chinois ?
- 2. Avez-vous déjà rencontré des investisseurs chinois ? Si oui, où?
- 3. Avez-vous des plans spécifiques pour entrer en relation avec les investisseurs institutionnels
chinois au cours des 12 prochains mois ?
- 4. Avez-vous des actionnaires chinois dans votre capital aujourd'hui?
- 5. Comment ont évolué les participations chinoises dans votre capital au cours de l’année passée et
comment envisagez-vous leur évolution dans les 12 prochains mois ou trois prochaines années ?
- 6. Si vous devez les investisseurs chinois, pouvez vous décrire le processus d'investissement ?

- 7. Pensez-vous que les investisseurs chinois communiquent ouvertement sur leurs critères d'investissement ? En quoi diffèrent-ils des investisseurs occidentaux ?
- 8. Comment qualifieriez-vous la gestion des investisseurs institutionnels chinois ?
- 9. D'après votre expérience, où sont basés les décideurs économiques et financiers des chinois
(Pékin, Shanghai, Londres…) et voyez-vous des signes d'ingérence politique?
- 10. Pensez-vous que la présence des investisseurs chinois dans votre capital favorisera vos activités
commerciales en Chine?

Pour plus d’informations :

Yael Dorfner - Tél : 0 1 58 47 95 26 - 06 16 94 16 81 - yael.dorfner@eurorscg.fr