Herezie dévoile son talent

L’ambition du jeune groupe de communication parisien s’affiche au travers de ses dernières réalisations qui font le buzz.

by Mark Tungate , MAYDREAM

 

(à gauche Baptiste Clinet, à droite Andrea Stillacci)

Après une période de calme relatif dans son développement et dans l’actualité, l’agence française HEREZIE attire l’attention grâce à deux nouvelles campagnes d’intérêt général.

Fondée il y a six ans, sans clients, HEREZIE est passé d’une petite agence « hérétique » à un groupe indépendant offrant, ce que son président Andrea Stillacci décrit comme le « spectre complet de la communication, de la publicité traditionnelle au digital, du shopper marketing au marketing social ou au e-commerce ».

Dans cette optique, Herezie a intégré deux autres entités : l’agence événementielle et shopper marketing Vaudoo en 2015 et l’agence digitale 5ème Gauche l’année passée, faisant passer son nombre d’employés à 135.

Alors que l’agence ne fonctionne qu’avec un seul bureau (basé dans le 16ème arrondissement), Andrea Stillacci précise qu’elle gère nombre de clients internationaux comme Coca-Cola, Unilever et Henkel. « Nous pouvons voyager soit physiquement, soit virtuellement. Nous avons accès à un réseau global de planneurs. Aujourd’hui, nous n’avons pas besoin de bureaux dans tous les marchés. »

Un exemple de cet esprit international est le spot réalisé pour la fondation David Lynch. C’est bluffant. En comparant les sons du quotidien à la cacophonie de la guerre, il permet aux spectateurs d’avoir de l’empathie avec les vétérans souffrant de stress post-traumatique. Ce qui pour chacun d’entre nous est une porte qui claque peut réveiller des souvenirs douloureux chez un vétéran. 

 

« Nous étions déterminés à ne pas tricher » déclare le directeur de la création Baptiste Clinet. « Grâce à nos recherches, nous sommes arrivés avec une liste de sons qui pouvaient être des déclencheurs, puis nous les avons associés avec les images. Nous avons par exemple été surpris d’apprendre que le son le plus proche d’un coup de feu tiré à distance était le bruit du pop-corn éclatant ».

Pour atteindre l’effet souhaité, Herezie a travaillé avec le studio son légendaire nord-américain Apollo, ainsi qu’avec sa société de production Mile Inn. Le réalisateur a été Yan Dal Santo, co-fondateur d’Apollo et de Mile Inn.

Le résultat a été si efficace que beaucoup de commentateurs ont pensé que David Lynch a lui-même réalisé le spot. « Non, ce n’était pas lui » répète Baptiste en souriant. « Mais il l’a vu, et l’a apprécié ».

Le désir d’authenticité transparaît également dans le second spot d’Herezie qui sort ses derniers jours, cette fois, pour l’Observatoire des Inégalités. Dans le film, un groupe d’enfants, âgés de 7 à 11 ans, provenant de milieux différents, est invité à jouer à une version alternative du Monopoly. Ils réalisent alors que les règles implacables de ce nouveau jeu favorisent certains au détriment d’autres. 

 

Une fois encore, ajoute Baptiste, il n’y a pas eu de tricherie. « Nous avons casté de vrais enfants et les réactions que vous voyez sont absolument naturelles. Nous avons également sélectionné un professeur des écoles qui saurait comment interagir avec les enfants ». Hasbro qui possède Monopoly a autorisé l’agence à adapter le jeu. « Ils ont tout de suite été derrière nous ».

Après le tournage, le challenge a été de monter 12 heures de films (ou 6 heures de deux caméras) en un spot émouvant de 2 mn. Baptiste ajoute : « comme vous pouvez le voir à l’écran, les enfants ont souvent été frustrés. Ils ont aussi compris quand la situation était injuste pour les autres »

Et le plus surprenant, c’est que bien que tous les obstacles se soient levés devant eux, ils n’ont jamais perdu espoir. « Ils ont toujours pensé qu’ils pouvaient gagner ». Il y a ensuite eu une séance de débriefing pour leur expliquer cette facette déplaisante de la vie.
Les films David Lynch et Monopoly ont généré une énorme quantité de commentaires et de partages (et rentrent probablement dans la course aux prix en attendant Cannes)
L’agence hérétique est de retour dans l’actualité. 

 

Par Mark Tungate, directeur éditorial