La vie, c’est un jeu vidéo

Le monde des jeux vidéo et de la réalité se rencontrent alors que les marques trouvent de nouvelles manières de cibler les jeunes audiences.

by Mark Tungate , Adforum

Les annonceurs cherchent à toucher les jeunes là où ils passent maintenant beaucoup de temps : au sein des frontières obscures mais excitantes des jeux vidéos. La publicité dans les jeux vidéo est une approche évidente, mais des innovations récentes ont maintenant rendu les limites entre le jeu et le monde réel plus perméables. Certaines de ces initiatives impliquent des marques qui adoptent des personnages de jeux vidéo comme ambassadeurs. Par exemple, Coca-Cola et EA Sports viennent d’annoncer un accord portant sur la star Alex Hunter, joueur virtuel de football de la série des jeux FIFA « The Journey ». Lors du jeu, Hunter sera vu en train de boire un Coca Zero.


Réfléchissez. Un personnage de jeu vidéo ne sera pas mêlé à un scandale sexuel ou lié à des addictions, son langage sera contrôlé et il n’aura donc pas un comportement susceptible de nuire à la marque. Cela me fait penser à la vision inverse, enfin presque. Rovio, la société qui a créé Angry Birds, est récemment devenue sponsor de l’équipe de football anglaise d’Everton, et a placé un gros logo sur les manches des joueurs. Selon la presse britannique, cela n’a pas beaucoup plu aux fans de l’équipe. Mais Rovio s’en est bien amusé en créant un film avec son nouveau héros appelé RED.


En effaçant encore plus les frontières entre les jeux et la réalité, une collaboration entre Nissan et les jeux Gran Turismo a permis à un joueur chanceux de conduire une vraie voiture de rallye à partir d’un joystick de PS4.


Il s’avère en fait que ce n’est pas n’importe quel joueur: Jann Mardenborough est également un pilote de course dans la vie. Et pour ajouter encore une anecdote à l’histoire, il a été découvert par la GT Academy qui fait, d’amateurs, des pilotes professionnels. Nissan a célébré les 20 ans de son partenariat en lançant la voiture de Gran Turismo montré dans le film.

L’idée de commande à distance nous rappelle également ce stunt qui date maintenant de quelques années, dans lequel McCann Worldgroup a aidé Microsoft a lancer sa plateforme de jeu en streaming, Mixer, en permettant aux joueurs de scénographier un feu d’artifice géant. Comme ADAGE l’avait expliqué, les participants choisissaient « les couleurs, les formes et les tailles des feux d’artifice, via un panel de boutons interactifs ». Et comme les membres de la communauté dépensaient des Sparks (la monnaie virtuelle de Mixer), leurs noms et contributions apparaissaient en temps réel au moment où le feu était tiré.

Cela fait peut-être cliché, mais quoi de mieux que d’associer gaming et fast food. Ceci n’a, bien évidemment, pas échappé aux marques. Burger King, via Mullenlowe Lola à Madrid a permis aux gamers de s’associer à des stars de l’e-sport qui pouvaient prendre leur place pendant qu’ils commandaient un burger.

Pendant ce temps, ces trois dernières années, Domino’s s’est vraiment évertué à se positionner comme “le” choix en snack des gamers, via une série d’initiatives.

Le concept des “branded games” (jeux promotionnels) est bien connu, mais cette version réalisée par la fondation Alivia, pour Saatchi & Saatchi Varsovie, nous a intrigués. En effet, elle invite les joueurs à aider de vrais malades du cancer en tuant des cellules cancéreuses à l’écran. Le jeu est gratuit, mais si vous voulez améliorer votre arsenal, vous devrez faire un micro-paiement au profit de l’association.

Et finalement, comme vous pourrez le voir dans ce spot télé réalisé par Havas Paris pour EDF, l’univers des jeux vidéo est devenu tellement familier dans la pub que l’on peut même penser que les jeunes vont lever la tête de leurs consoles ou smartphones et la regarder. Mais bon, ne comptez pas trop dessus.